vendredi 10 mai 2019

L'élastique

J’ai craqué hier soir. Encore…

Résumé de la semaine :
Lundi soir, j’ai dormi à Longueville, seule.
Mardi soir, j’ai dormi à Longueville avec les enfants.
Mercredi, on était ensemble (haaaa), on s’est fait notre soirée « grey’s anatomy ».
Hier soir, j’y reviendrai…
Et ce soir, notre neveu vient avec sa copine pour le week-end. J’en suis ravie, cela nous fait très plaisir à tous les deux, car ils ne sont pas venu depuis qu’on s’était séparé… Le seul hic, c’est que côté financier, c’est vraiment le bordel ce mois ci. On ne pourra faire aucune sortie, c’est dommage, j'espère qu'ils ne vont pas s'ennuyer.

Je reviens sur hier :

Florian a passé l’après-midi avec un de ses potes, ils sont partis ensemble faire la tournée des boîtes d’intérim et, bonne nouvelle, il a trouvé du travail ! Une entreprise veut bien le prendre à l’essai dès lundi ! Je croise les doigts car cela changera beaucoup de chose s’il retravaille à nouveau…
Il revient du coup à la maison, avec son pote (qui n’a pas le permis). Il veut le ramener puis revenir et me demande à quelle heure je rentre de la zumba.
« 20h15, pourquoi ? »
« Parce que j’irai peut-être chez lui après. »
Bon je ne dis rien, je me tais, même si je me dis qu’il a déjà passé l’après-midi avec, mais bon… Sauf qu’il est déjà 18h20.
« Tu le ramènes ? Mais la zumba commence à 19h ! Et puis tu vas le ramener, revenir et repartir chez lui ? ça fait des allers retours et l’essence… »
« Oui c’est vrai, autant qu’il reste avec moi pendant que tu es à la zumba, je le ramènerai après. »
Je vais donc à la zumba. Je rentre, les enfants sont couchés et il prépare le diner. Pour trois. Bon je ne dis rien , pas de souci ! On mange et il me demande :
« ça te dérange si on fait une partie ? »
« Non non »
Et c’est vrai, cela ne me dérange pas, comme ça, je peux avancer sur mon livre. Je me cale dans mon fauteuil, dans mon coin lecture, je suis bien.
22h : la fatigue me gagne. Je lui dis que je ne vais pas tarder à me coucher. Là, je commence à me sentir d’humeur boudeuse. Déjà, je suis fatiguée, ça n’aide pas ! Mais je pensais aussi qu’il ne le ramènerait pas trop tard pour qu’on puisse profiter un peu l’un de l’autre…
22h30, tant pis… Je vais me coucher. Du coup il arrête la console et me dis qu’il va le ramener. Cela me fait plaisir. Je me dis que finalement on va au moins dormir ensemble. Il n’en a que pour 30min le temps de faire l’aller retour.
Je me couche et continue de lire un peu puis j’éteins la lumière.

Il se couche, cela me réveille en sursaut. Je regarde l’heure. Il est 1h du matin…

Là, les larmes montent, je me sens triste et nulle. Je pensais sincèrement qu’il aurait envie à un moment donné d’être avec moi… Finalement, il n’a pas fait que le déposer, il est resté 2h chez lui! Il ne s’est pas dit « je le ramène et me dépêche de me coucher pour être avec elle ! Je me mets à pleurer…

Comme d’habitude, je lui explique ce que je ressens…

« Je me sens nulle… »
« Mais pourquoi tu dis ça ? »
« Parce que je te laisse ta liberté, du temps, de l’espace… Et cela ne me dérange pas, ce ne sont pas des efforts ! Je commence à m’habituer à ce style de vie ! Tu vois lundi et mardi, on n’a pas dormi ensemble mais j’ai passé une bonne soirée seule et avec les enfants, ça ne m’a pas dérangé ! Mercredi on s’est retrouvé. Ce soir, il y avait quelqu’un avec nous mais ça ne m’a pas déranger non plus de lire ! Mais je t’avoue que, comme on a du monde ce week-end, et que tu avais passé ta journée avec lui, je pensais que tu aurais envie d’être un peu avec moi… Je pensais que tu le ramènerai et qu’on serait un peu ensemble mais je n’ai rien dit. Je pensais au moins que, une fois que tu l'aurais déposé chez lui, tu reviendrais aussitôt mais non tu es resté chez lui ! Je me sens nulle d’avoir pensé qu’en te laissant tranquille, tu reviendrais par toi-même… »
« Tu n’es pas nulle !!! Tu as le doit d’être triste et en colère ! mais ne dis pas que tu es nulle ! »
« En fait, je pensais qu’en te laissant, tu me donnerais plus… Mais finalement, depuis que je t’ai demandé de ne plus te forcer, j’ai encore moins... »
« Parce que là, on fait comme ce que je veux moi. Je ne sais pas quoi te dire... »
« Dis rien, ça risque d’être pire. Ne t’inquiètes pas je vais me calmer, fallait juste que je te dise ce que je ressens. »

Le problème, c’est que, ce matin, j’ai encore joué ma princesse... Moi, quand je m’endors comme ça, sur une dispute ou en pleurant, je me réveille pas très bien et j’ai besoin d’un câlin. Et sans ce câlin, je suis maussade. Je suis donc partie au boulot sans lui faire de bisous et en boudant et de mauvaise humeur !

Maman Zaza, en toute mère qui se respecte, a tout de suite vu que cela n’allait pas, malgré que la pauvre ne voit pas grand-chose ces derniers temps !

Je me suis confiée et lâchée. Cela m’a fait du bien d’en parler et elle m’a rassurée en me disant, encore une fois, que je devais laisser du temps et que ça ira mieux une fois qu’il aura un cadre professionnel. La pression est un peu redescendue…

Oui mais… Et si cela n’allait pas mieux ? C’est ça qui m’inquiète !

Dans son livre, Jonh GRAY explique qu’un homme est comme un élastique. Il faut le laisser partir, le laisser se tendre, il reviendra de lui-même.

Ba c’est ce que je fais non ? Je le laisse se tendre et se tendre mais il ne revient pas !!! Et l’élastique parfois il peut casser ! Et s’il pétait au lieu de revenir ?

C’est justement ce que j’ai fait comprendre à Florian cette nuit. J’ai l’impression de le laisser mais, en retour, je n’ai rien de plus. Au contraire j’ai même moins du coup !

Ce midi, je fais mon tour quotidien dans le jardin Garnier, accompagné par les mots de Jonh. Je lis un de ses chapitres et là, j’ai une prise de conscience : « COMMENT ARRÊTER DE CHERCHER A CHANGER UN HOMME ? ». Hummmm, intéressant car c’est tout à fait ce que j’ai voulu faire pendant 10 ans et que je m’efforce de ne plus faire ! Il l’explique en 7 points mais je ne vais pas tout révéler se serait de la triche, va falloir le lire ! Bon je suis gentille, je vais quand même vous révéler 3 points :

1. « Pensez à abandonner tous vos efforts en vue de l’améliorer. Pour s’épanouir, il a besoin d’amour et non de rejet. Ayez confiance en sa capacité à changer de lui-même. Dites-lui honnêtement ce que vous pensez, mais sans exiger qu’il modifie son comportement. »

Bon là ouf, sur ce point je sus sauvé ! C’est ce que j’ai fait cette nuit. Je lui ai dit ce que je ressentais mais à aucun moment je lui ai dit que je voulais qu’il fasse un effort ou qu’il change son comportement…

2. « Rappelez-vous que quand un homme s’entête et résiste à vos efforts en vue de le changer, c’est parce qu’il ne se sent pas aimé. Et il n’admet pas ses erreurs, de peur que vous ne vouliez plus l’aimer. Montrez-lui qu’il n’a pas besoin d’être parfait pour mériter votre amour et soyez disposée à pardonner. »

C’est vrai car je viens d’en être témoin ! Depuis quelques années, je le rabâche avec son poids, enfin sa bedaine. Je lui répétais sans cesse que j’aimerais qu’il fasse des efforts car le physique comptait pour moi. J’ai eu beau lui répéter et lui demander, il n’a jamais fait d’efforts. Puis on s’est séparé. Il s’est mis au sport et a perdu sa bedaine, je lui en ai voulu d'avoir fait des efforts une fois qu'on était séparé alors que pour moi il ne l’a jamais fait ! Puis ces derniers mois, il a repris du poids. Sauf que là, je l’accepte enfin tel qu’il est et je le lui répète ! Je lui montre que je m’en fiche et que je le trouve beau comme ça. Mais maintenant, c’est lui qui ne s’accepte pas et il veut en perdre! Et bien, il s’est remis au sport ! J’ai compris alors, que j’avais beau lui avoir demandé pendant toutes ces années d'en perdre, cela ne servait à rien car cela ne venait pas de lui-même et cela voulait dire que je ne l'acceptais pas. Il a en effet résisté à tout effort tant que je lui demandais de changer. Il change maintenant, alors que je lui rappelle que je l’aime et qu’il n’a pas besoin d’être parfait !

3. « Rappelez-vous que si vous faites des sacrifices pour lui en en attendant d’autres de sa part en retour, il peut percevoir cela comme une incitation à changer. Exercez-vous à vous rendre heureuse vous-même, sans forcément compter sur lui. »

Et bim ! En plein dans le mille ! C’est exactement ce que j’ai fait. J’attendais quelque chose en retour de mes efforts. ERREUR !

Après avoir lu ce passage, j’en ai discuté avec une collègue. Cela m’a fait de nouveau du bien d’en parler. Pourquoi attendre quelque chose en retour ? Et encore une fois, je dois lui laisser du temps ! Et même si cela ne revient pas, pourquoi ne pas me contenter de ce que j’ai ?

Après tout, j’ai vécu sans lui et j’ai vu ce que cela me faisait, je ne tiens absolument pas à revenir en arrière ! Il aurait pu me dire merde mais ce n’est pas ce qui s’est passé, il a quand même accepté qu’on soit de nouveau ensemble. On passe de très bon moments et on est de nouveau très complice. Même s’il n’y a pas plus, je préfère cela à plus rien du tout !

Et puis, il y a quand même des points positifs, c’est ça que je devrais mettre en avant ! Il a quand même certains gestes attentionnés, j’aime quand il pose sa main sur moi quand je passe près de lui. Et dimanche, en revenant de chez son copain il m’a appelé « mon amour » ! C’est que cela revient doucement…

J’ai donc remis (encore !!!) Fée Princesse au placard. Je dois continuer d’apprendre à accepter ce que j’ai, sans espérer plus. Je laisserai l’élastique s’étirer jusqu’au bout. J’espère seulement qu’il me reviendra doucement et pas d’un coup en pleine face et sans craquer !

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